LES BIGOUDENS :
A Plomeur, raides sous leur mitre,
En plastrons d'or vert, jaune ou roux,
Les Bigoudens, sur le placitre,
Tournent au son des binious…
D'où viennent-elles, ainsi faites,
Avec leur face sans méplats
Et les disques qu'aux jours de fêtes
Elles collent sur leurs seins plats ?
L'immobilité de leur masque
Fait paraître encor plus lointains,
Dans l'aigre et sonore bourrasque,
Leurs yeux vaguement thibétains.
Peut-être qu'au temps où la Gaule
Châtiait l'orgueil d'Attila,
Un débris de tribu mongole
Vint à la nuit s'échouer là.(…)O filles des hordes camuses
Qui meurtrirent les champs latins,
Bigoudens, en vos cornemuses
Hennissent des poneys lointains.
Vous plongez au profond des âges
Dans votre Orient fabuleux
Vous aviez déjà ces visages
Ronds et ces crins aux reflets bleus ;
Sous des toits portés par des hampes
Et taillés dans des peaux d’élans,
Vos yeux retroussés vers les tempes
S’ouvrirent voici deux mille ans ;
Et, près des lots lourds endormies,
Vous avez l’air, dans vos draps d’or,
D’une peuplade de momies
Terrée aux confins de l’Armor. Charles LE GOFFIC
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